Megadrilles aquatiques

Les mégadrilles est un nom qui se réfère aux vers de terre « vrais ». Un certain nombre d’entre eux sont aquatiques ou amphibie. Leur identification peut être très difficile pour un néophyte et elle n’a jamais été faite pour un ver trouvé en aquarium. C’est pour cela que je décris sur cette page non plus une mais plusieurs espèces susceptibles d’être à la fois présentes en aquarium et être courantes dans la nature.

Eiseniella tetraedra (ver à queue carrée)

Eiseniella tetraedra est la première espèce de mégadrille soupçonnée de se rencontrer en aquarium car c’est une espèce eurasienne commune dans nos cours d’eau et aujourd’hui introduit dans toute la zone tempérée et subtropicale. On le trouve dans la vase humide et aérée du bord des lacs, mares et rivières. Il doit son nom à la section carrée de sa queue, derrière son clitellum en forme de selle. Eiseniella tetraedra se reproduit uniquement par parthénogenèse. Les organes génitaux mâles peuvent être observés mais ils sont stériles. Du au manque de brassage génétique, il peut y avoir plusieurs lignées anatomique ment distinctes sur le même territoire.

Pour la culture cette espèce préfère un environnement un peu acide (pH 5.3-6.5) et un substrat très riche (manure et déchets végétaux) avec un fond de sable sur épaisseur ne dépassant pas quelques centimètres. Dans de bonnes conditions la population peut doubles tous les trois mois.

Sparganophylus tamesis (ver de la Tamise)

Sparganophylus tamesis est une espèce initialement décrite dans la Tamisé en Angleterre mais en raison de sa similitude avec des vers nord-américains et sa distribution restreinte son caractère exotique à été suspecté des le début. On lui connaît aujourd’hui une large distribution en Amérique du Nord et il ne cesse de s’étendre en Europe où il peut désormais être observé en Allemagne près de Hambourg ou en Suisse sur les berges du lac Leman. On pense que le commerce de plantes aquatiques et palustres est le principal vecteur de propagation de ce ver.

Comme chez E. tetraedra les organes génitaux mâles ne sont pas fonctionnels et on suspecte cette espèce de se reproduire elle aussi par parthénogenèse.

Eukerria saltensis

Eukerria saltensis est originaire d’Amérique du Sud mais on le retrouve aujourd’hui en Amérique du Nord, en Espagne, en Afrique du Sud, en Asie du Sud-Est, au Japon et en Australie. Il est connu pour son impact négatif direct sur les rizières où son activité rend le sol spongieux, l’eau turbid et fait pourir les jeunes pousses. De manière indirecte il attire des ibis en Australie qui piétinent les jeunes pousses de riz. Dans les régions où le riz est planté et non semé il est considéré comme bénéfique pour les cultures.

C’est un ver petit, fin et fragile qui produit un mucilage visqueux et perd facilement sa queue ce qui rend son extraction difficile. Sans observation au microscope il peut être confondu avec des Tubifex bien qu’il ne leur soit pas apparenté. D’autres espèces de la famille des ocnerodrilidés comme Eukerria kukenthali ou Ocnerodrilus occidentalis ont également été retrouvés en dehors de leur zone de répartition latino-américaine, notamment en Corse.

Références:

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