Chaetogaster limnaei

Chaetogaster limnaei limnaei est un ver vivant en symbiose avec plusieurs espèces d’escargots aquatiques. L’escargot offre au ver une protection contre les prédateurs et la sécheresse et le ver protège l’escargot des parasites. Certaines souches appelées Chaetogaster limnaei vaghini parasitent le rein des escargots. L’espèce est présente sur tous les continents exceptés l’Antarctique et est ponctuellement observée en aquariophilie.

Alors que tous les vers oligochètes possèdent quatre jeux de soies par segment, deux sur le dos et deux sur le ventre, le genre Chaetogaster ne possède que des soies ventrales qui lui servent de « pattes ». L’avant du corps est également particulier, les cinq premiers segments sont fusionnés et abritent un pharynx adapté à la prédation. Comme la plupart des naiadidés, Chaetogaster se reproduit par bourgeonnement. Les individus en formation sont appelés zooïdes et forment une chaine aisément reconnaissable grâce à un étranglement prononcé précédant chaque nouvelle « tête ». Le ver est plutôt court et épais mais peut être prolongé par jusqu’à dix zooïdes. Incapables de nager, les Chaetogaster se déplacent sur les surfaces dures, les plantes et dans le cas qui nous intéresse, sur des animaux.

Lors de sa découverte, on pensait que C. limnaei était un parasite se nourrissant du mucus excrété par les escargots aquatiques. Cependant les contenus stomacaux indiquent que c’est un prédateur commensal se nourrissant de micro-organismes. Parmi ces micro-organismes on peut trouver des rotifères et des protozoaires, mais également des cercaires et des miracidies, stades larvaires de vers trématodes parasites. En consommant ces larves, le ver protège son hôte des infections. Les vers sont particulièrement nombreux sur les escargots déjà infectés par un parasite, car les cercaires excrétées en continu par l’animal sont une manne pour le Chaetogaster.

Il est à noter que la forme symbiotique peut être considérée comme parasite sur certains hôtes. Les Chaetogaster limaei limnaei habitant dans la cavité mantelaire de Bythinia tentaculata consomment une partie de la nourriture filtrée par l’escargot et l’empêchent ainsi de se nourrir correctement. De plus lorsque le ver s’installe sur un bivalve comme la moule zébrée ou une corbicule, il lui ronge les branchies, le manteau et même les ovaires.

La forme symbiotique se reproduit de manière asexuée tout l’été, formant des chaines de dix zooïdes (contre cinq en hiver). Toujours en été de rares individus sont sexuellement matures mais aucun cocon n’est observé.

Certaines populations sont parasites et se nourrissent des cellules rénales de l’escargot. Les deux formes sont génétiquement différentes et ne sont pas interchangeables. La forme parasite ne sort d’exceptionnellement du corps de son hôte et ne survit pas longtemps en liberté. Si un gastéropode porte des Chaetogaster sur son corps il s’agit de la sous-espèce symbiotique et non parasite. Chose étrange, le rein des gastéropodes infectés semble être sain, suggérant que le parasite ne se nourrit que de cellules malades ou mortes ainsi que des sucres et molécules organiques excrétées par l’organe mais ne blesse pas son hôte.

Contrairement à la forme symbiotique, Chaetogaster limnaei vaghini, tous les individus sont matures en hiver et pondent de nombreux cocons dans le rein qui éclosent au printemps. En été, c’est la reproduction asexuée qui domine, mais on observe rarement plus de quatre zooïdes.

Les vers des deux sous-espèces peuvent passer d’un escargot à l’autre lors de l’accouplement. Certains vers quittent leur hôte pour en trouver un nouveau, ils sont alors attirés par les trainées de mucus laissées par les escargots et par les masses d’œufs. Le mucus et les masses d’œufs attirent également les larves de trématodes parasites ce qui permet de nourrir les C. limnaei limnaei en attendant que leur nouvel hôte naisse. Un très large panel d’espèces peuvent être colonisées par C. limnaei limnaei mais seul une poignée sont infectées par C. limnaei vaghini. L’escargot préféré des deux sous-espèces est Lymnaea stagnalis en raison de sa taille et les vers savent reconnaître et choisir leur escargot préféré lorsqu’ils ont le choix entre deux pistes.

Références:

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