Vote pour les trophées BADC2019

Comme toute discipline, l’aquariophilie a ses concours. Vous connaissez peut être les concours d’aquascaping mais ce ne sont pas les seuls. Récemment j’ai postulé au Biotope Aquarium Design Contest 2019 avec mon biotope du lac Inlé. J’ai été agréablement surprit d’apprendre que j’étais nominé pour le Wild Trophy, récompensant les aquariums avec des espèces rarement vues en captivité. Je dois probablement cette nomination à collection de gastéropodes de mon bac.

Unnamed spring close to lake Inle, Myanmar, 96 L

Si le classement général est dressé par un jury trié sur le volet, les prix par catégorie sont discernés par les participants. Je suis donc invité à voter et c’est l’occasion de vous présenter mes bacs préférés de la cuvée 2019.

Photo Trophy

Le trophé photo récompense les plus belles photos. Je suis relativement insensible aux décors caillouteux des torrents des montagnes et des grands lacs africains, ce sont donc des bacs plantés et décorés de bois qui m’ont le plus intéressés. Un biotope lac Masek (Tanzanie) m’a tapé dans l’oeil. Malheureusement la cohabitation entre des killis et des xénopes ne me semble pas viable sur le long terme et cela me gène. Les néons dans l’eau noir de l’Ingrapé (Brésil) font toujours autant d’effet mais restent classiques. Finalement j’ai hésite entre un biotope indien avec des serpentons des rizières et un biotope de rivière chinoise. Le défaut du biotope indien est encore une fois de faire cohabiter une proie avec son prédateur. De plus le biotope chinois est très vert avec des poissons à la fois colorés et sobres, un vrai morceau de rivière apaisant. Je lui donne donc ma voix pour cette catégorie.

River in the Yangkou area downstream of the Mount Lao, Qingdao, China

Shot Trophy

C’est également un trophée photo mais concentré sur dix photos optionnelles. Ici le choix a été beaucoup plus simple car deux photos se sont imposées à moi. Celle d’une tortue alligator face à une crevette et celle d’une salamandre proche de l’axolotl. Chose intéressante, dans les deux bacs proie et prédateur cohabitent mais cela me gène beaucoup moins car les proies sont introduites pour nourrir les prédateurs, stars du bac. J’ai finalement voté pour la salamandre.

Habitat Ambystoma dumerilii, Pátzcuaro Lake riverside, Urandén, México

Video Trophy

De manière assez évidente ce trophée est discerné à la plus belle vidéo de présentation de l’aquarium et du biotope. Bien que je ne sois pas fan des biotopes lacustres africains, la vidéo de présentation d’un 1680L Tanganyika m’a fait son effet. Les poissons sont en grande forme et ce grand volume permet à chaque espèce de développer son comportement propre. Néanmoins mon coup de cœur va pour le biotope chinois avec des Tanichthys albonubes avec des portions de terre émergée en mode paludarium.

Banks of Yangmei river in the dry season, Mount Zaomu, Foshan, China

Wild Trophy

C’est le trophée pour lequel j’ai été nominé, probablement pour avoir introduit dans l’aquarium un certain nombre de gastéropodes rarement vus en captivité. Il y a d’ailleurs assez peu de bacs qui prennent le temps de sélectionner leurs invertébrés. Je doute gagner ce trophée car parmi les nominés il y a beaucoup de personnes reproduisant le biotope de la rivière passant en bas de chez eux ce qui est très apprécié à juste titre. Je trouve néanmoins qu’un aquarium biotope est parfaitement complété par une sélection recherchée d’invertébrés et de plantes endémiques. Mon vote va au biotope argentin qui est mon projet préféré jusqu’ici, avec des plantes jamais vues, une collection d’invertébrés et de très beaux poissons.

Wetland of the Pindapoy Creek near the Paraná River, Misiones, Argentina

Team Trophy

Et pour finir le Team Trophy récompense l’aquarium préféré des participants. J’ai voté à nouveau pour l’aquarium argentin.

D’autres trophées sont descernés soit aux mieux classés parmi une catégorie (eau froide ou par continent) soit par les membres du jury. Certaines places du podium sont déjà connues mais j’attends la publication des résultats le 1er octobre pour en parler.

Biotop asiatique: lac Inlé, Myanmar

Des pêcheurs sur le lac Inlé. Crédit: Edmundas Stundzius.

En 2015 je cherchais pour mon aquarium de petits poissons colorés. J’envisageais les très populaires galaxys (Celestichthys margaritatus) mais je suis alors tombé sur une annonce proposant 11 individus d’une espèce très proche, le Celestichthys erithromicron que j’ai du coup adoptés. La timidité extrême de ces poissons m’a tout d’abord autant déçu que son ancienne propriétaire mais leur livrée rayée et colorée ainsi que leur comportement ont fini par me passionner. Au fur et à mesure, leur aquarium s’est transformé. Je leur ai sélectionné des colocataires issus du même lac birman, j’ai même poussé le vice jusqu’à me procurer des escargots originaires du même lac. Même la liste des plantes a été revue, je n’ai gardé que les espèces signalées (comme vous l’avez sans doute deviné) dans le lac d’origine des C. erythromicron. Bref, j’ai fait un aquarium biotope du lac Inlé, au Myanmar.

Début avril j’ai redémarré complètement cet aquarium et je me suis dit que c’était l’occasion de faire un petit (?) topo sur ce biotope qui semble intéresser pas mal d’aquariophiles. Je vais me concentrer sur le lac lui-même, mais les informations de cet article peuvent être extrapolées à toute l’écorégion dont le lac est l’épicentre, englobant les rivières qui l’alimentent, les marais qui le bordent et les lacs de barrage suivant le cours de la Nam Pilu, seul exutoire de l’Inlé.

Généralités

Le lac Inlé se trouve au sud de l’état de Shan, sur le plateau du même nom et est le troisième plus grand lac du Myanmar (anciennement Birmanie). Il est habité par les Inthas, une ethnie qui vie sur le lac dans des maisons en bambou. Ils vivent de l’exploitation des îles flottantes qu’elles se soient formées naturellement ou pas et de la pêche. Le développement économique du lac s’est fait au détriment de son écologie unique. Les îles flottantes se sont multipliées au point de faire perdre 32.4% de sa superficie au lac entre 1935 et 2000 et l’érosion grandissante de ses berges a fait perdre 15% supplémentaires de sa surface au lac depuis l’époque coloniale. Le rejet des eaux usés, la multiplication des bateaux à moteur et l’utilisation d’engrais érode la qualité de l’eau. L’introduction d’espèces invasives et la surpêche met en péril la faune endémique de l’Inlé.

Les collines de Shan, vues depuis le lac. Crédit: mydaydream89.

L’Inlé est un lac particulier, très peu profond. La première raison est qu’il s’agit du reliquat d’un lac glacier plus grand datant de la dernière grande glaciation. L’autre raison est que le lac est alimenté par de l’eau pauvre, douce et acide ayant traversé des tourbières alors que le socle du lac est calcaire. Le lac est donc creusé par la dissolution homogène du plateau de Shan par les eaux acides. L’eau issue des tourbières étant très pauvre en nutriments, le lac l’est aussi (on le dit oligotrophe) ou du moins, il l’était. Aujourd’hui en raison de l’exploitation de sa surface et de ses environs pour l’agriculture et du rejet des eaux usées, il est devenu eutrophe. Le fond du lac est couvert par les impuretés laissées par le calcaire dissout par l’eau acide, à savoir une couche d’argile claire et fine

La faible profondeur du lac a empêché la formation d’une thermocline courante dans les lacs plus profonds. La température est homogène, l’eau est brassée lentement mais surement par le vent et la convection (on dit que le lac est polymictique). Toute la colonne d’eau est propice à la croissance des plantes et à la photosynthèse ce qui garantis avec le brassage continu une oxygénation optimale.

La haute altitude du plateau tempère le climat tropical de la région et offre un temps doux toute l’année. La température du lac est stable à 27-28°C une partie de l’année avec une chute à 18-20°C en novembre et une autre à 23-24°C en avril. Ces températures sont compatibles avec celles d’un appartement correctement isolé en région parisienne, modérément chauffé en hiver mais non climatisé en été. L’installation d’un chauffage n’est donc pas forcément nécessaire. Néanmoins on ne peut pas qualifier ce lac « d’eau froide » comme on peut le lire parfois sur internet bien qu’il y fasse bien plus frais que sur la côte birmane.

Les paramètres chimiques oscillent de manière quasiment aléatoire au cours de l’année en raison de l’éternel conflit entre l’eau douce et acide des affluents du lac et la nature calcaire du plateau rocheux. Dans certaines zones la conductivité peut passer du simple au décuple en un mois bien que le centre du lac oscille généralement entre 50 et 250µS/cm. Le pH lui peut aller de 6.5 à presque 9 bien qu’il soit généralement confiné entre 7 et 8. C’est donc une eau plutôt douce, neutre à alcaline qui peut ponctuellement devenir plutôt dure, très acide ou très basique. Les animaux qui ont évolué dans ces eaux sont capables d’encaisser au besoin de grands changements brutaux et peuvent vivre dans une large gamme de paramètres. En aquarium on s’en sortira généralement très bien avec de l’eau de conduite, additionnée au besoin d’eau osmosée. Le pH n’est pas spécialement à surveiller, car il se stabilise naturellement entre 7 et 8 en absence d’autres tampons que les carbonates.

Biotopes

Beaucoup d’aquariums biotopes se contentent de rassembler des animaux et des plantes issues d’une unique zone géographique restreintes. Mais les plus pointilleux savent qu’un lac ou une rivière sont constitués de plusieurs biotopes différents.

Le lac Inlé peut être séparé en trois grandes zones de vie: une zone marginale, une zone intermédiaire et une zone centrale.

Un vieux monastère au bord du lac. Crédit: Stefan Fussan.

La zone marginale est une bande de largeur et de profondeur variable entourant le lac. Elle est couverte de plantes et d’îles flottantes et les matières mortes se transforme en tourbière minérotrophe. Il y a une transition très progressive entre les îles flottantes et les marais herbacés alentours, passant de portions libres du lac aux canaux et autres voies d’eau peu profondes. L’eau peut être assez turbide et le substrat est dominé par une boue sombre, collante et malodorante. Le biome est plus palustre que lacustre. Cette zone est très riche en punaises aquatiques, larves d’odonates et vers, on y trouve également des éponges d’eau douce, des bryozoaires, des crabes et des crevettes, notamment Caridina cf. babaulti ‘Green’. Les ampullaires et les Taia sont courants ainsi que d’autres petits escargots, mais aucun cérithe ou bivalve.

La plupart des poissons de la zone centrale s’aventurent aussi occasionnellement jusqu’à la zone marginale mais d’autres espèces comme les anguilles épineuses du genre Monopterus et Chaudhuria ou le silure grenouille ne s’aventurent jamais en eau profonde. Celestichthys erythromicron est également caractéristique de cette zone.

Sur un canal entre deux îles flottantes. Crédit: Edorta Subijana.

Si la flore en général n’est pas particulièrement endémique, les espèces formant les îles flottantes le sont. Les premières plantes à former ces îles sont Machaerina sp. « Sha-lone » et Cyperus sp. « Sha-pya ». L’enchevêtrement de leurs racines permet à d’autres plantes, notamment les Phragmites de s’installer et de consolider le tapis flottant. Lorsque une espèce de gingembre sauvage, Hedychium coronarium apparait, c’est le signe pour les inthas que l’île est prête à être exploitée.  Elle est alors découpée en parcelles, ancrée avec des troncs de bambou et fertilisée avec des algues et de la vase (et aujourd’hui des engrais). Ils y cultivent des légumes, notamment les tomates qu’ils exportent dans tout le pays, ainsi que des fleurs ornementales. D’autres plantes poussent sur les îles, comme Cyperus digitatus, Cladium jamaicensis, Cephalanthus occidentalis et les fougères Adiantum edgeworthii et Thelypteris interrupta. Lorsque le taro (Colocasia esculenta) apparaît, c’est le signe que l’île est épuisée et qu’elle va perdre sa flottabilité. Elle est alors libérée et finit par se décomposer et couler au fond du lac.

Le lac est également connu pour le filage d’une fibre textile extraite des pétioles des lotus sacrés. Beaucoup de travail est nécessaire pour obtenir le tissu et il est d’usage non pas de le porter, mais d’en offrir des châles aux moines bouddhistes. Le lotus sacré n’est pas natif du lac et a été introduit à cette fin. La jacinthe d’eau devenue emblématique est elle aussi une espèce introduite.

Plantation de lotus sacré. Crédit: Gerd Eichmann.

La zone intermédiaire entourant le centre du lac est dominée par les plantes flottantes comme Ceratophyllum, Hydrilla et Utricularia, la première étant particulièrement répandue. L’eau est transparente et le substrat sombre mais fin et peu odorant. Il y a peu d’espèces caractéristiques de cette zone puisqu’elle communique avec la zone marginale et la zone centrale, on peut néanmoins noter l’abondance d’hydrozoaires et de l’éponge Ephydatia fluviatilis var. intha et avec elle les nombreux annélides et larves qui vivent dans ses canaux. On y trouve les mêmes crustacés et poissons qu’en zone centrale et les insectes sont rares. L’escargot caractéristique de cette zone est Taia elitoralis, beaucoup plus gros que Taia naticoides.

La zone centrale a une eau parfaitement transparente et oxygénée. La décomposition de la matière organique y est rapide et complète. Le substrat est un mélange semi-liquide de couleur grise et sans odeur, composé de débris végétaux, d’argiles et de fines particules calcaires. Bien que peu profonde, il n’y a dans cette zone centrale pratiquement aucune plante de surface ou sortant de l’eau. Il y a de grands herbiers de Ceratophyllum ainsi que des zones presque nues ponctuées de Potamogeton, Hydrilla et Nitella. Certains inthas ont construit des maisons sur pilotis dans cette zone, recréant autour les conditions de la zone intermédiaire. La faune dans la zone centrale peut être séparée en deux groupes: les espèces vivant près du fond et les espèces vivant dans les herbiers. Il y a peu d’espèces de pleine eau, beaucoup de poissons chassent en surface lorsque les insectes sont abondants mais vivent près du fond le reste du temps.

Récolte d’algues et de plantes aquatiques en guise d’engrais. Crédit: Jakub Hałun.

Il y a très peu d’animaux fouisseurs vivant dans le fond du lac en raison de la nature semi-liquide du substrat. Seuls certains grands vers et les bivalves peuvent s’y mouvoir aisément. Même Melanoides tuberculata rampe mais creuse peu.

Dans cette zone la faune est vraiment lacustre. C’est ici que l’on peut trouver des bivalves, une importante quantité de vers Branchiura sowebeyi. Les crustacés sont représentés par Caridina annandalei et Potamon acanthicum. Il y a peu d’insectes adultes on peut noter la présence de Micronecta sp. dans les herbiers de Ceratophyllum. Les larves quand à elles sont très nombreuses, on trouve beaucoup de chironomes, de trichoptères et d’éphémères. C’est dans cette zone aussi que l’on trouve tous les bivalves, même le rampant Piscidium, les cérithes comme Melanoides tuberculata ou les Brotia.

Tous les poissons exceptés ceux que l’on ne trouve que dans la zone marginale et Poropuntius shanicus sont présents. Inlecypris auropurpureus est le plus commun

La faune

Beaucoup de poissons sont endémiques au lac et aux marais l’entourant. Fait assez surprenant (ou pas), beaucoup possèdent un cousin très proche signalé dans la région avoisinante. Les poissons du lac ont en moyenne de plus gros yeux et de plus petits barbillons que leurs cousins des plaines, témoignage du passé oligotrophe du lac où la vue était un sens plus utile dans l’eau limpide que le toucher.

Le poisson qui fait le bonheur des pécheurs du lac est la carpe endémique Cyprinus intha. Rien de bien folichon visuellement, c’est très proche d’une carpe, mais meilleur en goût d’après ceux qui ont pu la déguster. Ce poisson est en danger, notamment en raison de l’introduction de carpes classiques avec lesquelles il s’hybride, et bien sur, de la surpêche. Les amateurs de poissons à tête de serpent doivent connaitre le Channa harcourtbutleri, le plus petit du genre, que l’on ne trouve que dans ce lac. On y trouve également l’étrange Anabas testudineus ou gourami marcheur.


Plongée avec Inlecypris auropurpureus et Parambassis ranga.

Mais les aquariophiles connaissent surtout le lac pour ses petits poissons colorés, les plus connus étant … le Celestichthys erythromicron à la base de mon projet et le Sawbwa replendens. Le premier est un très proche parent du célèbre danio galaxy (C. margaritatus) tandis que le deuxième est un cyprinidé dépourvu d’écailles. Inlecypris auropurpureus et Microrasboras rubescens sont deux autres poissons colorés endémiques du lac présents dans le hobby, bien qu’ils soient plus rares.

De nombreux poissons observés dans le lac sont aussi courants dans la région alentour et ne sont pas considérés comme endémiques. On peut ainsi citer la loche Physoschistura rivulicola qui n’est pas sans rappeler les kuhlis, cohabitant avec la loche endémique de l’Inlé, Petruichthys brevis.

D’autres poissons ont été introduits, volontairement ou accidentellement dans le lac. On peut trouver dans le hobby un certain Trichogaster cf.labiosa « Inle » mais il s’agit en réalité d’une souche de Trichogaster labiosa introduite. Parmi les poissons bien connus des aquariophiles on y trouve des guppys (Poecilia reticulata) probablement échappés d’aquariums et des gambusies (Gambusia affinis), probablement introduits pour lutter contre les moustiques. Ces petits poissons entrent en compétition avec les poissons endémiques mais possèdent la capacité de se reproduire très vite et de manière plus efficace. Les tilapias du Nil (Oreochromis niloticus) ont eux étés introduits pour la pèche et font un véritable carnage parmi les populations locales.


Sur cette vidéo on peut apercevoir un banc d’Oryzias uwai et des tilapias du Nil, mais aucun C. choprae contrairement ce qu’indique le titre du document.

Un certain nombre d’invertébrés sont connus dans le lac, dont notamment quelques crabes, mais ils ne sont ni très nombreux ni particulièrement spécialisés. Il n’y a ni amphipodes ni isopodes dans le lac. Une espèce de crevette à pinces, Macrobrachium sp. « inle see » peut être trouvée chez des éleveurs allemands mais le malacologue Werner Klotz doute fortement de leur origine. Trois espèces de crevettes naines du genre Caridina ont également été signalées dans le lac. Une n’a pas été ré-observée et pourrait être un nomen dubium ou une espèce disparue. Une autre serait d’après Werner Klotz la fameuse Caridina cf. babaulti ‘Green’ en attente de description. La dernière est Caridina williamsi.

Du côté des escargots, on peut trouver dans le lac les classiques mélanoïdes (Melanoïdes tuberculata), Ainsi que l’espèce épineuse (Mieniplotia scabra), la planorbe asiatique Indoplanorbis exustus et un viviparidé à la coquille bosselée, Taia naticoides assez populaire depuis l’interdiction des ampullaires.

En Gras les espèces endémiques du lac et de ses alentours, en Barré les espèces invasives.

Danionidés:
Celestichthys erythromicron – Danio émeraude
Devario kakhienensis
Devario sp. non identifié
Esomus danrica Barbeau volant
Inlecypris auropurpureus

Microrasbora rubescensRasbora néon

Labéonidés:
Garra gravelyi – Poisson docteur birman
Gymnostomus horai
Labeo rohita -Rohu

Barbeaux:
Pethia stoliczkana
Puntius sophore
Puntius cf. sophore
Systomus cf. rubripinnis
Systomus compressiformis (disparu?)

Autres cyprinidés:
Barbonymus gonionotus – Barbeau de Java
Cyprinus intha – Carpe de l’Inlé
Cyprinus rubrofuscus – Carpe rouge
Neolissochilus nigrovittatus
Ctenopharyngodon idella – Carpe de l’Amour
Poropuntius schanicus
Sawbwa resplendens – Nez rouge asiatique

Poissons à labyrinthe:
Anabas testudineus –Gourami marcheur
Channa harcourtbutleri
Channa striata
Trichogaster labiosa – Gourami à grosses lèvres
Trichopodus pectoralis – Gourami à peau de serpent

Autres perciformes:
Oreochromis niloticus Tilapia du Nil
Parambassis lala – Perche de verre
Parambassis ranga – Perche de verre
Glossogobius cf. giuris

Loches:
Balitora sp. non identifié
Lepidocephalichthys berdmorei – Loche birmane
Petruichthys brevis – Loche de l’Inlé
Physoschistura rivulicola
Physoschistura shanensis
Schistura sp. non identifiée

Anguilles épineuses:
Chaudhuria caudata
Mastacembelus caudiocellatus
Mastacembelus oatesii
Monopterus cuchia
Monopterus javanensis

Siluriformes:
Clarias cf. batrachus – Silure-grenouille
Clarias gariepinus – Poisson-chat africain
Glyptothorax granosus
Glyptothorax rugimentum
Heteropneustes fossilis – Silure fossile
Silurus burmanensis

Poissons couteaux:
Notopterus notopterus

Vivipares:
Gambusia affinis – Gambusie
Poecilia reticulata – Guppy

Poisson grain de riz:
Oryzias uwai – Poisson grain de riz pygmé

Crabes:
Shanphusa browneana
Shanphusa curtobates
Inlethelphusa acanthica

Crevettes:
Caridina annandalei (disparue?)
Caridina cf. babaulti ‘Green’
Caridina williamsi

Macrobrachium assamense assamense
Macrobrachium naso

Macrobrachium peguense
Macrobrachium platyrostris

Pulmonés:
Lymnaea physcus
Lymnaea laticallosa
Radix andersoniana
Galba bowelli
Racesina luteola
Indoplanorbis exustus
Gyraulus convexiculus
Gyraulus euphraticus
Gyraulus parvus
Trochorbis trochoideus
Polypylis calathus
Helicorbis umbilicalis
Pettancylus baconi

Hippeutis capitis

Cérithoïdes:
Brotia henriettae

Brotia herculea
Melanoïdes tuberculata
Mieniplotia scabra
Paludomus ornata


Rissoides:
Gabbia alticola

Hydrobioides avarix
Hydrobioides nana
Hydrobioides nassa
Hydrobioides turrita
Parabithynia physcus

Viviparidés et Ampullaires:
Cipangopaludina lecythis
Cipangopaludina lecythoides
Taia naticoides
Taia theobaldi
Pila scutata

Plantes :
En Gras les espèces maintenues en aquarium, même très rarement. En Barré les espèces invasives.

Adiantum edgeworthii
Aldrovanda vesiculosa, dionée aquatique
Alisma plantago-aquatica, plantain d’eau
Ammannia baccifera
Arundinella decempedalis
Azolla pinnata
Cephalanthus occidentalis, bois bouton
Ceratophyllum demersum, cornifle ou « cérato »
Cladium mariscus jamaicense, marisque
Colocasia esculenta, taro vendu frais comme légume
Cyperus cyperoïdes
Cyperus digitatus
Cyperus sp. « Sha-pya »
Dichrocephala integrifolia
Echinochloa crus-pavonis
Eclipta alba
Elephantopus spicatus
Eryngium foetidum
Eriocaulon quinquangulare
Eichhornia crassipes, jacinthe d’eau, interdite en France
Elodea canadensis
Fimbristylis aestivalis
Fimbristylis dichotoma
Gahnia javanica
Hippuris vulgaris, pesse d’eau
Hedychium coronarium, gingembre blanc
Hydrilla verticillata, élodée de Floride
Hydrocotyle sp.
Hygrophila auriculata
Hypericum japonicum
Ipomoea aquatica, lyseron d’eau vendu comme légume en épicerie exotique
Lasia spinosa
Lemna minor, petite lentille d’eau (en réalité, probablement L.tenerum)
Lemna trisulca, lentille d’eau trilobée
Machaerina sp. « Sha-lone »
Limnophila indica, ambulie des indes
Ludwigia octovalvis
Ludwigia repens, un grand classique en aquariophilie
Lythrum salicaria, salicaire commune
Mariscus cyperoides
Monochoria hastata
Monochoria vaginalis
Myriophyllum verticillatum
Najas graminea, naïade graminée
Najas tenuis
Nelumbo nucifera, lotus sacré
Nitella flexilis
Nymphaea nouchali, possible synonymie avec N. stellata
Nymphaea pubescens
Nymphoïdes hydrophylla, dite « sp. Taïwan » dans le hobby
Nymphoides indica
Ottelia alismoides
Phragmites communis, roseau commun
Phragmites karka
Phyla nodiflora
Plantago major, grand plantain
Polygonum aviculare, renouée des oiseaux
Polygonum plebeium
Potamogeton alpinus
Potamogeton crispus
Potamogeton lucens
Potamogeton nodosus
Potamogeton obtusifolius
Potamogeton perfoliatus
Rotala rotundifolia, un autre grand classique en aquariophilie
Ruppia maritima, herbe à canard
Sagittaria sagittifolia, flèche d’eau
Sagittaria trifolia
Salix tetrasperma, saule indien
Schoenoplectiella supina
Schoenoplectus lacustris, jonc des chaisiers
Salvinia cucullata
Spirodela polyrrhiza
, lentille d’eau géante
Stuckenia pectinata, potamot de suisse
Thelypteris interrupta
Typha angustifolia, massette à feuilles étroites
Utricularia aurea et australis, deux utriculaires carnivores très semblables, courantes dans la nature
Utricularia gibba, une plante carnivore naine, une « mauvaise herbe » courante autant en aquarium que dans la nature
Vallisneria spiralis (probablement V. asiatica)
Veronica anagallis-aquatica, véronique d’eau, une plante pouvant pousser flottante
Xanthium strumarium, lampourde glouteron

Je remercie particulièrement Werner Klötz qui a pris sur son temps pour répondre à de nombreuses questions sur les invertébrés qu’il étudie dans le cadre de son travail et d’avoir partagé quelques informations non publiées ou non publiables pour clarifier certaines de mes interrogations.

Sources et lectures complémentaires

Le cactus hybride surprise

Fin octobre, à l’occasion de la fleuraison de mon cactus de Noël j’avais dit que mes clones n’étaient pas identifiés à des cultivars en particulier. Quelques jours après je tombais en jardinerie sur deux variétés de Schlumbergera très particulières. Leur port est dressé, leur phylloclades sont ornés de longues griffes fournées vers l’extérieur avec une aréole à la base. Les bourgeons des fleurs sont encore plus étranges, ils sont courts, froissés, déjà ouverts et semblent symétriques avec des pétales inversés ou tubulaires. Elles étaient violettes ou blanches, j’ai acheté un pot de blanches (mais j’ai ramassé un clade cassé au bourgeon violet).

Déjà perplexe à l’achat (surtout à cause des boutons en chou fleur), je le suis encore plus une fois rentré chez moi. Le pot est estampillé « Schlumbergera Thor ». Dans le monde des cactus épiphytes Thor sonne comme Thoruplund, un hybrideur et pépiniériste danois célèbre pour ses variétés de Schlumbergera et Rhipsalidopsis sélectionnées à la fois pour leur beauté et leur résistance comme le ‘Thor Sophia’ jaune ou le ‘Thor Ida’ d’un rose très délicat… Seulement aucune mention dans leur catalogue d’une variété aux phylloclades et aux fleurs aussi étranges.

Ma perplexité augmente quand je commence à comparer le cactus acheté avec les Schlumbergera les plus atypiques. Ses phylloclades pourraient faire penser à Schlumbergera ‘Enigma’, une variété rare d’origine inconnue et à la floraison aussi atypique que chaotique. Hybride inconnu? Cristation? Infection virale? Nul ne le sait, et me voilà donc bien avancé!

Merci à André Norman de m’avoir autorisé à utiliser les photos suivantes:

Mon regard se tourne ensuite vers les très rares ×Hatbergera. Ce sont des hybrides intergénériques entre Schlumbergera et Rhipsalidopsis (ex. Hatiora), soit entre des cactus de Noël et des cactus de Pâques. Les phylloclades et les bourgeons de mon ‘Thor’ ressemblent beaucoup aux différents ×Hatbergera connus (beaucoup sont originaires du Japon). Certains pensent même que ‘Enigma’ serait lui aussi un ×Hatbergera.

Cela reste néanmoins sujet à controverse, car le seul hybride intergénérique confirmé (Boyle & Idnurm 2003) est anatomiquement différent. Une autre hypothèse serait une autofécondation accidentelle donnant des individus consanguins et difformes ou encore une mutagenèse artificielle. Je trouve personnellement ces variétés très semblables à l’hybride de Boyle. Il ne manque à ce dernier que les griffes des truncata que sa mère ×buckleyi ne pouvait pas lui transmettre. Quant à l’hypothèse de souches consanguines je n’y crois pas. Tous les cactus de Noël sont issus d’une poignée seulement de clones sauvages et il serait étonnant que des problèmes de consanguinité pareils n’apparaissent qu’en cas d’auto-fertilisation (d’individus autrement sains). De plus quelques cas d’auto-fertilisation contrôlée existent et ont donné des souches certes fragiles, mais anatomiquement normales.

Finalement j’apprends que c’est bel et bien une nouvelle variété proposée par Thoruplund, mais trouvable uniquement chez leurs distributeurs dont ma jardinerie fait visiblement partie. Peu d’informations sont trouvables à son sujet à part qu’il existe bel et bien une variété rose et une variété jaune. Rien du tout concernant l’origine génétique de l’hybride mais la plupart des passionnés de Schlumbergera pensent qu’il s’agit bel et bien d’hybrides ×Hatbergera en raison des grandes similitudes avec les cultivars asiatiques considérés comme tels. La forme violette ressemble pas mal à la variété ‘Konpeitou’ par exemple et la blanche à ‘Petite Diamond’.

Une fleur s’est enfin ouverte, malgré le rebiquement vers le bas de certains pétales elle reste grossièrement symétrique. Les filets sont beaucoup plus longs que le pistil ce qui se retrouve également chez les autres hybrides semblables, mais pas systématiquement puisque les fleurs sont très aléatoires. L’anatomie des pétales est également semblable. Dans mon cas les étamines sont fines et semblent dépourvues de pollen. Le fleur est donc stérile, au moins du coté mâle et cela renforce l’idée d’un hybride intergénérique.

Coup de com du pépiniériste visiblement puisque ces cactus sont disponibles dans de certaines jardineries en Europe bien qu’ils aient peu d’intérêt commercial grand public (ils sont un peu « moches » et instables)… Et je me retrouve à le faire de la pub sans commission. Mais bon ce n’est pas tous les jours que l’on a des hybrides autres que les classiques Schlumbergera TB et Rhipsalidopsis ×graeseri, alors on en profite.

Prochain article normalement lorsque mon ×buckleyi va fleurir, et j’espère qu’il le fera en décembre cette année comme sa mère!

Schlumbergera « truncata » le cactus de Noël

C’est enfin la saison des cactus de Noël. Alors que les jardineries commencent enfin à vendre des Schlumbergera en boutons, mes deux clones sont en pleine floraison.

Contrairement à une idée reçue les cactus de Noël ne sont pas des Schlumbergera truncata mais des hybrides, généralement entre S. truncata et S. russeliana aussi appelés Schlumbergera ×buckleyi. Les deux espèces botaniques peuvent être assez fragiles et capricieuses (notamment S. russeliana) mais S. ×buckleyi est assez résistant pour être devenu un incontournable des plantes d’appartement.

Il existe néanmoins deux groupes parmi ces hybrides. Le groupe BT (buckleyi-truncata), issu d’une hybridation réalisée 1852 était jadis très populaire. Il a beaucoup hérité de son parent S. russeliana dans la forme de ses petits phylloclades à bouts ronds ou de ses fleurs en trompette (actinomorphes) tournées vers le bas. Il a gagné son surnom de cactus de Noël avec sa floraison hivernale mais est aujourd’hui introuvable dans le commerce mais se transmet de passionné à passionné… A moins que votre grand-mère en a encore et toujours chez elle!

Mais bon, on n’est pas encore tout à fait en hiver et les hybrides qui fleurissent en ce moment sont du deuxième groupe, le groupe TB (truncata-buckleyi). Ils sont sans doutes issus de croisements entre S. ×buckleyi avec S. truncata et héritent beaucoup de caractéristiques de ce dernier. Les phylloclades sont plus gros et dentés, les fleurs zygomorphes adaptées à la pollinisation par des colibris s’ouvrent horizontalement. Ils sont également plus résistants que les cactus du groupe BT et les ont petit à petit supplantés dans le commerce.

Si le public francophone a repris le surnom de cactus de Noël les anglophones ont opté pour un Thanksgiving cactus en raison de sa floraison précoce. Ils sont parfois identifiés Schlumbergera truncata mais les espèces botaniques sont virtuellement introuvables dans le commerce grand public et tous les cactus de Noël en magasin sont des hybrides. En cas de doute il est aisé de faire la différence entre l’hybride et l’espèce botanique pendant la floraison: l’ovaire (puis le fruit en cas de pollinisation) de S. ×buckleyi TB possède quatre côtes alors que l’ovaire (et le fruit) de S. truncata est rond et lisse.

Une autre différence entre les cactus des groupes BT et TB est leur variété. Là où tous les BT ont des fleurs violettes et seulement une poignée de cultivars notables, les TB ont été déclinés en de très nombreux cultivars multicolores. La plupart des TB sont également violets, mais il est courant d’en trouver des rouges, des blancs et même des jaunes. De très nombreux cultivars sélectionnés autant pour la couleur que pour la forme et la taille de leurs fleurs existent et rien ne vous empêche de créer le vôtre.

Mais la plupart des clones sont autostériles. Cela veut dire qu’il est impossible de polliniser une fleur avec son propre pollen ou avec le pollen d’une fleur issue du même buisson. Il faut avoir deux cultivars différents pour espérer une fécondation. On peut noter également qu’il existe des clones stériles triploïdes comme ‘Gold Charm’ et des clones tétraploïdes parfois autoféconds, artificiels comme ‘Aspens’, spontanés comme ‘Peach Parfait’ ou encore hexaploïdes ou octaploïdes. D’autres hybrides existent aussi, mais on en reparlera une autre fois.

Mes deux clones matures ont des fleurs rouges et violettes ainsi que des phylloclades assez différents au niveau de la forme des dents. Ce sont des hybrides du commerce, sélectionnés pour leur résistance et vendus sans nom. Je les ai croisés entre eux et j’espère avoir des graines viables d’ici quelques mois. Je les ai aussi pollinisés avec un Rhipsalidopsis ×graeseri ou « cactus de Pâques » dont j’avais conservé le pollen au congélateur au printemps.

Ce billet n’a absolument pas vocation à être complet et je vous invite à aller sur le site de Michel Combernoux pour plus d’informations générales sur les Schlumbergera et autres cactus épiphytes. Le prochain billet sur les cactus épiphytes sortira probablement à la floraison de mon BT ou bien à une autre occasion.

Introduction aux cactus épiphytes

Les cactus forment une famille de plantes passionnante. Leurs formes aussi variées qu’inhabituelles attirent pas mal de botanistes du dimanche. Durant mon adolescence j’ai été de ceux-là. J’ai eu une jolie petite collection de petits cactus achetées en promo en grande surface ou bouturées par-ci par-là.

Les cactées ont la réputation d’être des plantes faciles d’entretien, mais je ne suis pas de cet avis. Déjà elles nécessitent beaucoup de lumière, difficile à procurer dans un appartement de la région parisienne. Ainsi beaucoup de mes cactus cierges poussaient tordus et filés, tentant de diriger leur tige vers les fenêtres pourtant déjà proches. D’autres stagnaient au point de ne pas prendre un seul mm en plusieurs années de culture. Il est difficile de juger à l’œil de leur santé et ce n’est parfois qu’après plusieurs années de culture inadaptée qu’on se rend compte que la plante est condamnée. J’ai eu néanmoins du succès avec quelques espèces faciles. Deux événements ont mis un point final (ou presque ?) à ma collection alors que ma maintenance s’améliorait : une invasion de cochenilles ayant résisté à tous les traitements que j’ai tentés et finalement le vol de mes cactus restants quelques jours après un déménagement.

Depuis j’ai pris la décision de ne plus prendre de cactus à moins de pouvoir leur donner des conditions de croissance optimales. J’envisage de recommencer une petite collecte de cactus désertiques, en me concentrant uniquement sur les espèces susceptibles de vivre à l’année  dans une jardinière, là où les autres plantes grillent littéralement au Soleil et à la chaleur des murs… Mais depuis quelques années un groupe très particulier de cactus m’a séduit et j’ai décidé de vous présenter les espèces que je cultive à chaque fois que j’ai une floraison… Et la première devrait arriver courant octobre-novembre. Je parle bien sur des atypiques cactus épiphytes et du très populaire « cactus de Noël ».

Rhipsalidopsis ×graeseri ou « cactus de Pâques » en fleur au moins de juin.

Épiphyte vient de επι (epi) « sur » et φυτο (phyto) « plante » et caractérise donc les plantes qui poussent sur d’autres plantes sans les parasiter. C’est un comportement typique des forets brumeuses tropicales même si on trouve des épiphytes dans d’autres biotopes. Or les cactus on les imagine plus aisément plantés dans la rocaille au milieu du désert, en plein Soleil. Qu’est-ce qui a bien pu pousser des plantes aussi bien adaptées à la sécheresse à s’installer sur les branches des arbres perpétuellement humides ? La question n’est pas encore tranchée, mais on peut avoir des brides de réponses en regardant comment les cactus se sont adaptés aux milieux désertiques.

Evolution et adaptations des cactus

On n’a pratiquement pas de restes fossiles de cactus, mais on pense la famille très jeune. Impossible donc de savoir à quoi ressemblaient les cactus éteints. Néanmoins la grande variété de cactus actuelle permet d’étudier des espèces très primitives ressemblant beaucoup à des plantes beaucoup plus ordinaires. Les genres Leuenbergeria et Pereskia ont ainsi déjà les aréoles bardées d’épines (feuilles modifiées) caractéristiques des cactées mais ont encore des feuilles, fines et annuelles ainsi qu’un tronc fin, non succulent.

Ce sont des plantes à croissance rapide appréciant une certaine humidité, mais les aréoles épineuses sont déjà une adaptation au milieu aride : là où l’eau manque, là où les autres plantes sont rares, le cactus devient une source d’eau et de nutriments évidente. Pousser plus vite pour compenser les dégâts n’est ni possible ni suffisant. Les épines sont un moyen de défense efficace contre les herbivores bien que, vous l’imaginez bien, nombre d’animaux s’y sont également adaptés.

Il y a une autre adaptation à l’aridité que l’on trouve déjà chez les Pereskioideae c’est le métabolisme acide crassuléen. La plupart des plantes perdent par évapotranspiration jusqu’à 93% de l’eau qu’elles absorbent. C’est un luxe qu’une plante désertique ne peut se permettre ! La nuit, les stomates des plantes grasses s’ouvrent, laissant rentrer le dioxyde de carbone vital à leur métabolisme. Mais c’est aussi par ces stomates que s’échappe l’eau sous forme de vapeur.  En réalisant la fixation du CO2 de nuit, lorsqu’il fait plus frais et humide, la plante ménage son stock d’eau. Le dioxyde de carbone étant inutilisable de nuit, il est stocké sous forme d’acide malique, citrique ou isoctrique dans les vacuoles des cellules de la plante pour un usage ultérieur.

De jour les stomates sont fermés, mais la lumière du Soleil permet à la plante de synthétiser les glucides dont elle a besoin en utilisant les acides stockés dans ses tissus comme source de carbones sans perdre une goutte d’eau. Ce métabolisme dit crassuléen (CAM) a évolué indépendamment chez de nombreuses plantes grasses notamment les crassulacées qui lui ont donné leur nom. Les Leuenbergeria et Pereskia sont capables de ce mécanisme mais à la différence de la majorité des cactées elles peuvent également passer au métabolisme C4 plus classique. On ne sait pas si le métabolisme crassuléen est un caractère acquis par l’ancêtre commun des cactées actuelles ou s’il est apparu plusieurs fois dans l’histoire évolutive de la famille. En effet les Maihuenioideae, une famille plus dérivée que les Pereskioideae et les Opuntioideae en est absolument incapable alors que la plupart des Didieraceae, de proches parents des cactus sont souvent CAM strictes.

Malgré la présence de rares stomates sur les tiges, les Pereskioideae font de la photosynthèse essentiellement par leurs feuilles. Ce n’est plus le cas chez les cactus plus dérivés. Chez les Opuntioideae, les feuilles deviennent plus petites, vestigiales, voir disparaissent totalement tout comme chez la famille la plus grande et la plus dérivée : les Cactoideae. Les tiges à l’inverse enflent et prennent une couleur verte. La plante perd en surface tout en gagnant du volume. Elle peut ainsi stocker plus d’eau, d’acides et de nutriments, diminuer encore plus l’évaporation de l’eau tout en ne se privant pas de soleil. Toutes ces adaptations ne sont pas spécifiques aux cactus, on les trouve chez de très nombreuses espèces de plantes de milieux arides. Si certaines familles comme les crassulacées ont opté pour de larges feuilles succulentes, d’autres comme les euphorbes ont opté pour un tronc succulent et des feuilles vestigiales. Beaucoup ont développé des épines les protégeant des herbivores et toutes ont opté pour le métabolisme acide crassuléen.

Mais les plantes grasses ne sont pas les seules à avoir choisi des adaptations similaires : les orchidées, les broméliacées, qui sont épiphytes ou des Sedum qui sont litophytes (poussant dans la rocaille). Ce ne sont absolument pas des plantes de milieu aride, mais elles sont néanmoins soumises à de violents stress hydriques. Les plantes litophytes de montagnes ont droit à des pluies abondantes et de la rosée tous les jours, mais leur substrat rocailleux sèche vite au Soleil. Si ces plantes veulent survivre au violent Soleil alpin, elles doivent être capables de stocker et d’économiser cette eau pourtant abondante. Il en est de même pour les plantes épiphytes. Malgré la brume quotidienne et la mousson, l’écorce des arbres n’est plus très humide en journée, notamment pendant la saison sèche. Il arrive d’ailleurs que des plantes succulentes de milieu aride comme des aloés ou des cactus non épiphytes comme les oponces se retrouvent à pousser en épiphyte. Je vous laisse les découvrir dans ces deux galeries.

Accidentally Epiphytic Succulents

Accidentally Epiphytic Cactus

Les cactus épiphytes

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que des cactus se soient adaptés au milieu forestier, là où leurs talent pour l’économie d’eau sont les plus utiles : dans la canopée. Tous les cactus épiphytes sont des Cactoideae, mais ils ne sont pas tous apparentés. Au moins six lignées indépendantes sont devenues épiphytes et sont devenues des plantes d’intérieur de choix ! Leur entretient est aisé. Cultivées sous nos latitudes elles peuvent apprécier le plein Soleil (équivalent à la pénombre des arbres sous les tropiques) mais s’adaptent plutôt bien en intérieur. On peut également les faire estiver en extérieur, car ils ne craignent pas nos pluies abondantes du moment que leur substrat est bien drainé. Mais plus intéressant encore, tout comme les orchidées et les broméliacées, leur floraison peut être très impressionnante au point de leur avoir valu le surnom de « cactus orchidée ». Nombre d’hybrideurs ont donné naissance à des variétés aux fleurs grandes, colorées et parfumées. Les floraisons abondantes et aisées de ces espèces ont charmé bon nombre d’amateur de cactus et de plantes en général.

On peut distinguer deux grands groupes de cactus épiphytes et lithophytes. Le plus grand est la tribu Hylocereae. On y trouve les cactus « queue de rat » (Aporocactus), très populaires il y a quelques décennies, les Hylocereus et Selenicereus donnant les fameux fruits du dragon ainsi que les Epiphyllum au sens large cultivés pour leurs grandes fleurs colorées. On y trouve donc des cactus ressemblant aux cactus désertiques, cylindriques et bardés d’épines mais également des espèces donnant l’impression d’évoluer en marche arrière. Leurs articles s’étalent en prenant la forme d’une feuille et les épines disparaissent.

Le même phénomène est observable dans la tribu des Rhipsalideae où l’on peut trouver les cactus gui aux articles cylindriques mais fins et dépourvus d’épines mais aussi les fameux cactus de noël et cactus de pâques à la floraison abondante. Quatre autres familles plus petites existent, la plus connue étant le genre Pfeiffeira aux petites fleurs orange et aux baies roses.

Je vous laisse avec ces deux classifications possibles des cactus épiphytes selon les dernières analyses moléculaires en date.

Au secours, des taches blanches sur mes plantes!

Ça me fait toujours plaisir de recevoir un colis baveux, cela veut dire que je vais pouvoir photographier de nouvelles algues! Cette fois ci j’identifie les algues poussant dans l’aquarium de Laure. Elle a réagi sur la publication d’une personne ayant des Thorea hispida (une espèce traitée ici). Elle possède aussi cette espèce rare, mais bien d’autre également.

Son aquarium est un 650l planté avec deux rampes LED et une injection de CO2 pour les plantes. Il va avoir deux ans. Il a l’air très clean comme ça, mais il regorge d’étranges surprises.

Il y a un an, les plantes à croissance lente et les pierres ont été envahies par des algues blanches. Leur identité restera un mystère puisqu’elles ont disparu depuis. Je soupçonne néanmoins une cyanobactérie, différente de la « cyano » habituelle des aquariums.

L’identité des gros filaments bruns n’est pas un mystère, c’est une Thorea hispida. Les filaments peuvent être très longs, mais Laure les arrache régulièrement. Ils sont ici associés à des filaments très semblables mais plus ramifiés, plus fins et d’une couleur verte pâle.

Au microscope, Thorea hispida dévoile sa structure particulière. De nombreux filaments très fins poussent en brosse autour d’un filament central, plus épais. Le tout est noyé dans un mucilage qui donne à l’algue un toucher glissant. Les prises au microscope ont d’ailleurs été compliquées par cette caractéristique: l’algue avait tendance à glisser entre les lames de verre.

L’algue verte pâle est glissante au toucher aussi. Elle ne pousse d’ailleurs pas que sur les racines, mais également sur les rochers et sur les feuilles des plantes à croissance lente.

Sur les photos, on a l’impression que ce sont des boudins très semblables à ceux de Thorea, mais l’échantillon en main, même à l’oeil nu on peut chaque filament est fait de pompons gélatineux enfilés comme des perles. Au microscope on observe une structure certes semblable à celle de Thorea hispida, mais les petits filaments ne poussent pas en continu sur le filament principal, mais en touffes espacées de manière régulière. Cette structure est caractéristique du genre Batrachospermum, mais je ne peux malheureusement pas m’avancer plus loin.

Passons maintenant au problème qui tracasse le plus Laure: ses Anubia et ses Cryptocoryne se couvrent de taches blanches. D’après elle, cela a commencé par des taches vertes. Les taches vertes ou Green Spot Alga (GSA) sont causées par Coleochaete, un charophyte encroutant.

La croûte blanche est granuleuse, cristalline et se dissout dans le vinaigre. Il s’agit donc de carbonates. Le phénomène quand des carbonates se précipitent sur une plante ou une algue s’appelle la décalcification biogène. Lorsque le CO2 dissout se fait rare, certaines algues et plantes produisent des gradiant de pH. Du côté acide se forme de l’acide carbonique, assimilable par le végétal. Du côté alcalin, les carbonates solides précipitent, formant une croûte blanche.

Au microscope j’ai pu observer les taches vertes sur des feuilles de Cryptocoryne. Mais une algue verte sur fond vert c’est assez difficile observer en détail.

Mais il y avait également des taches vertes sur les feuilles mortes de Heteranthera zosterifolia. Ces feuilles étant noircies et translucides, on a un bon contraste pour voir les algues. La structure en disque devient évidente. Coleochaete est en réalité une algue filamenteuse, mais les filaments sont rampants et chez beaucoup d’espèces, fusionnent en un disque.

Des taches vertes, détachées de leur support étaient aussi dans le colis, sur le sopalin humide ayant servi d’emballage aux échantillons. C’est sous cette forme que vous connaissez peut-être les points verts: quand ils poussent sur les vitres de l’aquarium.

Les plaques blanches poussent directement sur la Coleochaete, ce qui est intéressant. En effet l’Anubia est incapable de faire de la décalcification biogène, de même que la plupart des plantes et algues. Mais Coleochaete est génétiquement proche des characées, des algues dont la principale source de carbone est la décalcification biogène.

Il reste deux petites algues à traiter. Elles sont présentes en très petite quantité. La première est visible sur les photos de l’aquarium, comme de très fins filaments sur les feuilles de Cryptocoryne et de Heteranthera. C’est une algue si fine que même en visuel à l’oculaire du microscope, je ne peux en voir grand-chose. C’est une algue verte dont je peux distinguer les chloroplastes et elle est faiblement ramifiée, les cellules apicales sont pointues. C’est peut être Stigeoclonium.

La deuxième est une cyanobactérie poussant en filaments entourés d’un fourreau, aux cellules apicales pointues, dépourvu d’hétérocystes. Peut être Homoeothrix.

Cet aquarium a un pH de 7.5 et une dureté élevée. Malgré l’injection de CO2, les plantes en manquent car dans ces conditions, il est essentiellement converti en bicarbonates qu’elles assimilent difficilement. L’algue Coleochaete profite alors de la mauvaise santé des plantes pour pousser à leurs surface. Sa capacité à convertir le bicarbonate en carbone assimilable lui permet d’entrer en compétition avec les plantes et de les recouvrir. La mauvaise santé des plantes est également la raison pour laquelle d’autres algues épiphytes poussent sur elles en si grand nombre. Un changement des paramètres est prévu pour Laura mais avec un aquarium de plus de 600l ce n’est pas une tâche facile!

Quelques algues printanières

Je profite de mes sorties pour ramasser quelques algues dans les bassins des parcs autour de chez moi. J’essaye de les identifier une fois chez moi, histoire d’exercer mon œil à les reconnaitre.

Le lundi de Pâques je suis passé au parc des Chanteraines à Gennevilliers et à Villeneuve-le-Garenne et hier je suis passé au parc des Impressionnistes à Levallois. Ces deux parcs possèdent de nombreux points d’eau où les algues foisonnent. La plupart de ces algues ne sont pas observables en aquarium mais restent intéressantes à observer.

Dans le secteur des Tilliers du parc des Chanteraines a été creusée une mare, enjambée par un petit pont. Alors que les plantes peinent encore à se réveiller, des amas d’algues vertes forment déjà des amas flottants

Il s’agit d’un mélange de trois ou quatre algues dites « conjuguées » ou zygnematophytes, elles tirent leur nom de la manière dont elles se reproduisent. Au lieu de produire des gamètes comme les autres végétaux, elles se collent filament à filament, cellule à cellule et le contenu de la cellule mâle migre dans la cellule femelle dont le contenu se contracte pour lui faire de la place. Le tout se fait à travers de ponts tendus à travers les membranes cellulaires.  Le zygote obtenu s’enkyste et peut germer à la saison suivante. Les algues conjuguées s’entourent d’une gangue mucilagineuse qui les rend glissantes au toucher et difficiles à collecter, mais faciles à reconnaitre.

L’espèce la plus commune de cet échantillon est une Mougeotia aux chloroplastes en forme de ruban plats, suivent ensuite des filaments aux chloroplastes spiralés, la fameuse Spirogyra. Un filament particulier de Spirogyra était visible à l’œil nu, il appartenait peut-être à une espèce distincte.

Il est très courant d’observer les algues conjuguées pousser en communauté. Elles sont caractéristiques des eaux propres (mais pas seulement!) et claires et poussent essentiellement au printemps.

Dans l’étang des Hautes Bornes a été cueillie une Cladophora bien ramifiée et presque transparente en compagnie peut être d’une diatomée filamenteuse que je n’ai pas réussi à identifier. Les Cladophora poussent toute l’année et il est probable qu’un échantillon en meilleur santé soit observable dans les mois à venir. Comme les autres algues qui poussent dans cet étang (mais qui n’apparaitront que plus tard) elle est le signe d’une eau eutrophe.

J’avais ramassé quelques Azolla ficuloïdes pour essayer d’observer les cyanobactéries vivant dans des cavités dédiées dans les feuilles de la fougère. Ces cyanobactéries Anabaena azollae ont à l’image des légumineuses la capacité de fixer l’azote atmosphérique et de ne pas dépendante de la teneur en azote (NH4, NO2, NO3) de l’eau. Cette symbiose permet aux Azolla de prospérer sur des eaux plus pauvres en nutriments et concurrencer les lentilles d’eau. Malheureusement je n’ai obtenu qu’une bouillie de fougère sans cyanobactéries observables. Je vous livre donc quelques photos sympathiques  de la plante encore entière.

Heureusement, dans la pelouse poussait aussi un crachat de Lune (Nostoc sp.), une cyanobactérie coloniale proche d’Anabaena azollae. Elle possède elle aussi des hétérocystes, ces grosses cellules dédiées à la fixation de l’azote atmosphérique.

Pour finir un seul filament de Zygnema a été trouvé dans un échantillon des Mariniers, reconnaissables à ses chloroplastes étoiles, toujours par paire. Il était mélangé à des Spirogyra et Mougetia, il est assez courant d’observer ces trois genres ensemble.

Passons maintenant au parc des Impressionnistes. A l’ombre entre deux blocs de pierre/béton poussent une touffe de filaments rêches.

Le microscope dévoile une algue en assez mauvais état, peu colorée et envahie d’épiphytes, mais ses ramifications nous orientent vers une Cladophora là aussi. L’amas de fayot rosâtre est sans doutes une ponte de chironomes. En parlant d’animaux, de nombreux petits cladocères habitent dans ces algues. Proches des daphnies mais beaucoup plus petits, sans doutes des Chydorus sphaericus.

Deux échantillons d’algues filamenteuses flottant en amas ont été observés. Dans le premier on a une algue ramifiée aux longues cellules, sans doutes Pithophora roettleri ainsi que des Spirogyra.

Le deuxième contient également de la Spirogyra mais aussi une algue qui n’a pas de cellules cloisonnées (on dit « siphonnée »). C’est une Vaucheria que l’on reconnait aussi à ses nombreux organes sexuels sous la forme de trois boules. Malgré sa couleur ce n’est pas une algue verte, mais une algue jaune-verte ou xanthophycée. Elle est plus proche des diatomées et des autres algues brunes que de n’importe quelle algue verte. Funfact, des limaces de mer sont capables de voler les chloroplastes des Vaucheria qu’elles consomment et de les utiliser, se passant ainsi de nourriture pour le reste de leur vie.

L’échantillon suivant a été arraché à un morceau de plante de berge flottant dans une eau particulièrement riche et turbide.

En plus des Spirogyra, il a une algue filamenteuse très fine. L’examen au microscope optique a plus fort grossissement confirme que c’est bien une algue, mais aucune caractéristique notable ne permet de l’identifier.

Des plaques constituées de champignons, bactéries et/ou cyanobactéries constellaient les dalles immergées. De ces plaques grises s’échappaient des filaments de Spirogyra.

Plaidoyer pour la Marimo

Cette jolie boule d’algues possède de nombreux noms, mais on va en retenir deux. Marimo, son nom vernaculaire japonais et Aegagropila linnaei, son nom binomial. C’est l’une des rares algues cultivées volontairement en aquariophilie d’eau douce, plutôt populaire, elle se retrouve dans la majorité des aquariums de débutants. Les aquariophiles expérimentés finissent par s’en débarrasser, essentiellement à cause d’une vilaine légende urbaine. Il est temps de casser quelques idées reçues.

Autrefois courante dans la nature, elle se trouve essentiellement dans quelques rares lacs peu profonds à l’eau fraîche et pure. Parmi les stations les plus connues où l’on peut encore en trouver on peut noter le célèbre lac Akan au Japon, le lac Zeller en Autriche (où l’algue a été décrite pour la première fois), au lac Myvatn en Islande ou encore Long Arrow en Irlande. Plus rarement on en trouve en eau de mer comme dans la Baltique. Elle est menacée par l’eutrophisation de l’eau qui profite à d’autres algues, la construction de barrages hydrauliques et le transport de bois qui la prive de lumière. Elle est protégée dans de nombreux pays, il est donc interdit d’en prélever.

Marimo sauvage dans le lac Akann (Japon)

Contrairement à une idée reçue, la Marimo ne nécessite pas de courant pour être roulée en boule. Elle ne pousse que sous la forme d’une boule, mais a effectivement besoin d’être retournée régulièrement pour que les thalles situés à l’ombre reçoivent de la lumière. Si elle est recouverte d’une fine couche de sédiments, les bulles d’oxygène produites par les parties peu recouvertes permettent à la boule de se retourner et ainsi de se nettoyer. Soumise à un fort ensoleillement c’est toute la boule qui se met à flotter. Ces boules peuvent vivre plus de 200 ans et atteindre 59cm de diamètre. On la considère généralement comme une algue à croissance très lente mais la plupart de ces habitats sont aujourd’hui pollués, ce qui ralentis sa croissance.

Plusieurs autres espèces ou formes ont été décrites comme des Marimo poussant accrochées à des rochers ou sur des coquilles d’animaux, mais les analyses génétiques sont formelles: seules les boules sont de l’espèce Aegagropila linnaei et seule Aegagropila linnaei forme des boules! Les autres algues, plus ou moins ressemblantes de manière superficielle sont d’autres espèces de l’ordre des Cladophorales (voir des organismes encore plus éloignés).

Pourtant vous pouvez lire sur les différents groupes et forums aquariophiles que quand la Marimo se plait dans un aquarium, elle recouvre tout, s’incruste dans les décors et devient impossible à contrôler… Ça semble assez incompatible avec la description que je viens de faire, à savoir une algue rare poussant toujours en sphère. Le raisonnement est pourtant simple: la personne a acheté une Marimo pour son aquarium et ensuite, la même algue a envahie son aquarium.

Il y a deux erreurs dans cet énoncé. La première est de penser que c’est la même algue, mais je vais y revenir. La deuxième est d’imaginer une relation de cause à effet là où il n’y a (peut être) que deux événements aléatoirement proches. En effet, la Marimo est très populaire, cela veut dire que même si l’apparition de l’algue envahissante est totalement aléatoire, un certain nombre de personnes envahies auront une Marimo dans leur bac au préalable. Notre cerveau fait le reste du travail: il déteste l’aléatoire et va chercher une cause, un coupable. Et la Marimo est ce coupable idéal!

Il se trouve que d’autres aquariophiles se font envahir par les mêmes algues difficiles à éliminer sans jamais avoir eu de Marimo dans un seul de leur aquarium. Cet argument « post hoc » est donc caduc… Ou pas totalement, pour en être sur il faudrait suivre plusieurs aquariums dans le temps, avec et sans Marimo et faire des statistiques derrière. On va donc revenir au premier élément.

Revenons en donc à l’identité des algues envahissantes. Il se trouve qu’après plus de 10 ans de mise en eau, l’un de mes aquariums a vu passer un grand nombre d’algues. Certaines ressemblent effectivement de manière superficielle à la Marimo mais au microscope les différences s’imposent. Je n’ai jamais réellement cherché à m’en débarrasser, elles vivent donc leur vie tranquillement et sont prêtes à être observées et identifiées. Pour commencer, arrachons un brin de ma Marimo pour voir à quoi elle ressemble à différentes échelles.

Que peut-on observer? Des filaments fins de 50 µm de diamètre max, 80 µm avec les nodules, avec des cellules longues d’environ 570 µm pour les vieilles cellules. On reconnait le vert assez sombre de la Marimo. Les ramifications subterminales sont souvent du même côté (pratique quand on veut former une sphère). Sur certains filaments, les cellules sont plus larges d’un côté que de l’autre et certaines cellules apicales sont noduleuses, mais la variété s’arrête là. On ne va pas s’attarder plus que ça sur l’anatomie, on va se contenter de comparer.

Allons voir du coup du coté de la « Clado » envahissante maintenant.

Sur ce premier échantillon, on peut déjà remarquer que les cellules sont beaucoup plus grosses, 100 µm de diamètre pour les plus grosses pour 1 400 µm de long pour de vieilles cellules. Soit grosso-modo des cellules deux fois plus grandes. Parmi les autres différences, on peut noter la présence d’un rhizoïde hélicoïdal, une cellule permettant à l’algue de s’ancrer sur un support (ici un bout d’écorce, arrachée avec l’algue). Aegagropila linnaei ne forme pas de rhizoïdes. Une des cellules sur l’avant-dernier cliché montre une cellule tordue, pincée, cela a été obtenu de faisant coulisser les deux lames de verre entre elles, faisant ainsi rouler la cellule.  Sur la quatrième et la cinquième image, on peut voir des cellules écrasées, vidées de leur contenu, cela s’est passé lorsque j’ai tiré sur l’échantillon pour l’arracher à sa branche ou quand les lames du microscope étaient trop serrées. Les cellules renforcées de chitine de la Marimo sont beaucoup plus résistantes, elles ne plient pas et n’éclatent pas aussi facilement. Les filaments plus fins sont des Oedogonium déjà identifiés ici. Passons à un autre échantillon.

Cet échantillon est particulier, car il ne pousse pas de la même façon. Je ne l’ai pas trouvé en touffe accrochée à un support solide, mais sous la forme de longs filaments peu ou pas ramifiés, serpentant entre les plantes. On y retrouve les mêmes grosses cellules à parois souples et fragiles, sauf qu’au lieu de former des « plumes » ramifiées, cet échantillon ressemble à une simple « algue filamenteuse ». Ces deux échantillons viennent du même aquarium, c’est la même espèce, très polymorphe mais c’est encore difficile de l’identifier clairement. C’est une Cladophorale, l’ordre auquel appartient aussi la Marimo, mais elle n’a pas les caractéristiques de la Marimo. Cela pourrait être une Cladophora tout simplement, un genre très courant dans la nature mais là encore elle ne correspond pas exactement aux descriptions des espèces du genre. La réponse se trouve dans un autre échantillon, dans un autre aquarium, laissé à l’abandon sur le rebord de ma fenêtre.

Sur cet échantillon, ce ne sont quasiment que des filaments non ramifiés, avec les mêmes, grandes cellules aux parois fragiles… Mais il y a autre chose. Ce début d’hiver a été plutôt frais et pour éviter de mourir en cas de gel, cette algue a décidé de former des akinètes, des cellules très résistantes, bourrées de nutriments, capables de survivre au gel et à la sécheresse pour germer au printemps. Ces cellules spécialisées sont caractéristiques de l’espèce Pithophora roettleri. La grande plasticité de cette espèce lui a valu de nombreux synonymes.

En petites quantités, j’avais déjà observé cette algue dans l’échantillon d’Amandine, pratiquement que sous la forme d’akinètes. L’Oedogonium avec lequel elle poussait a dû lui rendre la vie difficile et elle avait là aussi décidée de prendre une forme de résistance.

Cette algue est considérée comme tropicale et sub-tropicale, mais on la trouve aujourd’hui en abondance dans la nature en Europe et il n’est pas encore clair si elle y a été introduite ou si elle en est native. On la retrouve aussi sous ses diverses formes, parfois en très petites quantités dans pratiquement tous les aquariums. Ce n’est donc pas une Cladophora, bien qu’elle fasse partie du même ordre. Avec l’Aegagropila linnaei et d’autres espèces, cette algue forme la famille des Pithophorales. Sa présence n’est bien entendu pas corrélée avec la présence ou pas de la Marimo.

Nouveau microscope et retour sur les identifications

Récemment j’ai reçu un nouveau microscope électronique et j’en ai profité pour revoir les échantillons que j’ai déjà observés. J’ai fait quelques erreurs d’identifications. Un manque de connaissances, d’expérience, une observation très superficielle et un matériel inadapté se sont alliés pour que je confonde des algues finalement très semblables en apparence. Je suis plus certain de mes nouvelles conclusions, mais il n’est pas impossible que cela change à nouveau.

J’ai tout d’abord décidé de ré-observer trois algues filamenteuses vertes pour les comparer. La première m’a été envoyée par Amandine de mon groupe Facebook, identifiée comme Rhizoclonium (voir la grosse boule d’algues), la deuxième vient de mon propre aquarium, identifiée comme Microspora (voir les algues de mes bacs) et la troisième m’a été envoyée par le blogueur Mattier, issue de son aquarium à algues (voir son billet) que je n’avais pas encore bien observé. Mises dans le même récipient, je n’ai pas sur faire la différence entre mon algue et celle d’Amandine, celle de Mattier est plus jaune et semble plus irrégulière.

Au microscope, c’est la surprise, c’est la même algue! L’algue de Mattier se distingue toujours des deux autres par sa couleur, mais on peut clairement l’identifier à Oedogonium grâce à certaines cellules rondes. Ce sont des oocystes, cellules contenant l’oosphère, le gamète femelle.[MàJ: en fait Rhizoclonium produit des akinètes semblables, l’absence de cicatrices de croissance, le toucher r^che et la présence de (rares) rhizoïdes sont plus importants pour cette identification] J’ai eu beaucoup de mal à trouver cet organe reproducteur, seul élément permettant d’identifier cette algue autrement assez lisse. Il m’a fallu passer au peigne fin l’assez gros échantillon envoyé par Mattier, son algue semble se reproduire essentiellement de manière végétative.

Les longs filaments de Mattier.

Au centre, un oocyste accroché au bout d’un filament cassé.

Les filaments à moi produisent aussi des cellules reproductrices identiques, cela élimine donc ma première identification (à savoir Microspora… qui comme son nom l’indique à de petites spores). Mais qu’en est il des éléments en forme de H que j’avais observé? Hé bien il y en a quelques-uns, mais ce sont juste des cellules d’Oedogonium de Rhizoclonium cassées et vidées de leur contenu, parfois froissées, pas de pièces solides en H bien identifiables, la mauvaise qualité de l’image avec le microscope utilisé précédemment m’a joué des tours.

Sur cette image on peut tout aussi bien voir la cellule reproductrice, un bout de cellule vide pouvant faire penser à Microspora et une autre cellule vide complètement froissée.

L’algue d’Amandine contient aussi de grosses cellules, j’ai pu en photographier une isolée.

Oocyste en bout de filament.

Un affreux doute m’a alors pris. Et si ce que j’avais identifié comme Tribonema n’en était pas. Je me rends compte que sr les vieilles photos, on voyait déjà les grosses cellules caractéristiques. C’était donc bien la même algue, que ce soit la pelote de fils ou les poils sur les plantes. Mais alors pourquoi j’ai pensé à Tribonema? Déjà pour la même raison que Microspora, des morceaux de cellules brisées pouvaient faire penser aux parois cellulaires caractéristiques de ces deux genres. Mais la couleur était aussi d’un vert plus pâle, ce qui n’est bien sur par un critère fiable pour distinguer les algues vertes des algues jaune vertes, mais a contribué à mon erreur. Un test au Lugol permet de montrer la richesse en amidon de ces oosphères, ce qui exclu définitivement Tribonema, car les xanthophytes ne produisent pas d’amidon.

Même à faible grossissement les cellules reproductrices sont visibles.

A plus fort grossissement, on les reconnait encore mieux.

Un test au lugol met évidence l’amidon.

MàJ: il s’agit bien de Rhizoclonium et non d’Oedogonium, un genre proche de Cladophora.

[périmé:Oedogonium possède de nombreuses espèces, réputées très difficiles à identifier formellement. Il est possible également de séparer ce genre en trois groupes. Les Oedogonium qui portent des anthéridies (cellules mâles) sur le même filament que l’oocystes (dioïques), ceux qui les portent sur des filaments séparés (monoïque) et ceux avec des filaments « mâles nains » poussant en épiphyte sur le filament femelle. Le problème est qu’il est très difficile d’obtenir des filaments fertiles en culture. J’ai longtemps observé les échantillons et je n’ai observé sur aucun filament ni les cellules courtes caractéristiques des anthéridies, ni de filament mâle nain.

Néanmoins il serait possible de relier la largeur des filaments de chaque espèce à la concentration en phosphore, et donc en nutriments de l’eau. Les espèces les plus fines (comme la notre) seraient caractéristiques des rivières pauvres en nutriment. Cette hypothèse est encore à vérifier à l’échelle globale, elle n’a encore été testée que dans le réseau fluvial norvégien.]

Identification de quelques algues rouges

En attendant de recevoir quelques lettres contenant des échantillons d’algues je vais revenir sur quelques identifications que j’ai faites dans le passé ou sur d’autres supports que ce blog. Après avoir fini l’article, je me suis rendu compte que toutes ces algues étaient des algues rouges, appartenant au taxon des Rhodophytes comme les algues nori.

Une algue encroûtante rouge

Commençons par cette belle algue rouge orbiculaire qu’un membre du PiNC a trouvé sur des cailloux, dans le bassin du Rhône. D’aspect granuleuses et légèrement visqueuse elle recouvre entièrement les cailloux et dans l’aquarium elle a fini par migrer sur les vitres. Rare en aquariophilie, cette algue n’est néanmoins pas inconnue. Elle apparaît généralement lorsque des pierres ramassées dans la nature sont introduites dans l’aquarium. J’en avais justement observé dans un aquarium à piranhas à la Porte Dorée.

L’algue a été introduite sur des galets.

J’ai reçu par la poste voilà un an un de ces cailloux. Je l’ai toujours, l’algue est toujours dessus, mais elle n’a pas encore migré sur d’autres supports ce qui aurait permis de l’observer au microscope (la pierre n’est pas assez plate pour cela). Je signale que les deux photos précédentes sont trompeuses, l’algue a vraiment une couleur lie de vin. Ma photo prise à la Porte Dorée sera plus fidèle.

Une belle croûte lie-de-vin dans le bac des piranhas à l’aquarium de la Porte Dorée.

Des algues rouges (rhodophyte) encroûtantes en eau douce, il n’y en a pas des masses et deux hypothèses se sont imposées: Hildenbrandia ou Pneophyllum. Cette dernière a été écartée car notre spécimen n’a aucun relief au toucher alors que, proche des algues corallines d’eau de mer, Pneophyllum devrait produire des bourrelets calcaires et virer au rose.

Reste alors le genre Hildenbrandia dont l’espèce H. rivularis est courante dans les régions tempérées. Si l’algue est observée dans un bac d’eau chaude où si elle apparaît sur des pierres prises dans des rivières au climat plus chaud que le nôtre, H. angolensis (signalée notamment en Espagne) correspondrait plus. Ces espèces sont d’abord filamenteuses mais poussent couchées sur le substrat de telle sorte que les filaments fusionnent pour recouvrir entièrement ce dernier. Elles ne sont pas connues pour poser de problèmes en aquariophilie et sont plutôt décoratives. Elle aime les eaux courantes, oxygénées, chaudes, riches en calcium et un pH neutre à basique. Elle semble néanmoins se plaire aussi sans courant.

Je remercie Thomas Burel du groupe Facebook Quelle est cette algue? pour son aide dans cette identification.

La deuxième algue du jour nous vient du forum Aquachange. Elle est assez commune et apparaît sous la forme de gros poils raides et noirs poussant sur les feuilles des plantes directement soumises au rejet des filtres. Un aquariophile dont les Vallisneria et les Ceratophyllum se couvraient de ses petites griffes noires m’en a envoyé un échantillon il y a aussi un an.

Une algue sombre épiphyte.

Au toucher l’algue est caoutchouteuse, au microscope on découvre des filaments noduleux accrochés à la plante par un crampon de petits filaments courts et fins. Je l’avais identifié comme Compsopogon cearuleus sans en être convaincu à 100%.

Des filaments supportés par des crampons duveteux.

Récemment mes soupçons m’ont fait relire tous les documents que j’avais à ma disposition. En effet Compsopogon caeluleus est bien connu des aquariophiles sous le nom d’algue en cornes de cerf dont j’avais parlé dans cet autre article (lien). Les algues en corne de cerf peuvent former des buissons de grande taille avec des filaments de près de 2mm de diamètre, difficile d’en rapprocher avec certitude ces petits filaments non ramifiés avec certitude.

Compsopogon caeruleus poussant sur une feuille.

Une autre hypothèse a commencé à germer. Lemanea est une autre algue « rouge » qui pousse sous la forme de filaments non ramifiés, noduleux, attachés à son substrat par un crampon de cellules duveteuses, le stade Chantransia et poussant dans les rivières à fort courant. Lemanea est en outre annuelle et on pourrait s’attendre à ce que les filaments apparaissent et disparaissent au gré des saisons… Ce qui est exactement ce que l’aquariophile observe dans son bac. Mais un problème de taille (au sens propre) pose puisque toutes les espèces connues de Lemanea forment de longs filaments dépassant aisément les 10cm.

Depuis, je suis tombé sur la description de spécimens très semblable aux miens identifiés par erreur comme Lemanea puis redécrits comme Compsopogon. Aujourd’hui le genre Compsopogon n’admet qu’une seule espèce, très polymorphe et ma première identification était donc exacte.

Compsopogon tenellus extrait de Shao-Lun Liu et Wei-Lung Wang 2003.

On reste sur les rhodophytes avec cette algue rouge poussant sur une souche de palétuvier, présentée sur mon groupe Facebook d’aquariophilie naturelle. Elle se présente sous la forme de longs et épais filaments semblables à des cure-pipes bordeaux.

Une racine envahie d’excroissances pourpres.

Celle-ci, pas besoin de microscope pour l’identifier. Thorea hispida est une algue rarissime en aquariophilie, mais recherchée par les aquascapeurs. D’autres espèces proches existent, mais elles sont beaucoup plus rares et je n’ai pas encore le coup d’œil et les connaissances pour faire la différence. Il se trouve d’ailleurs que j’ai déjà croisé cette algue à l’aquarium de la Porte Dorée, accrochée au silicone du bac des piranhas.

Les piranhas ne semblent pas intéressée par cette algue ressemblant pourtant à un ver.

C’est une espèce difficile à observer dans la nature mais paraît-il très courante. Elle apprécie les rivières à l’eau riche et trouble, ce qui explique qu’elle soit peu observée. J’ai reçu par la poste une partie de ces filaments suite à la rupture d’un joint de l’aquarium contenant la racine colonisée. Les les ai collés au cyanoacrylate sur une branche de saule tortueux et je tente d’en faire la culture. Sans grand succès d’ailleurs puisqu’une partie de l’algue a été dévorée par mes Taïa naticoïdes.

Bientôt des lianes rouges dans ma petite jungle immergée?

Les rhodophytes sont rares en eau douce, mais sont nombreux en eau de mer. On les trouve généralement à des profondeurs où il n’y a plus assez de lumière pour les algues vertes. Les pigments auxiliaires qui leur donnent cette couleur chaude leur permettent de tirer profit d’une lumière plus faible et d’un spectre décalé vers le bleu. En eau douce on les trouve essentiellement dans les milieux ombragés où ils ont appris à jouer avec leur pigments pour prendre toutes les teintes du rouge au vert en passant par le bleu et le gris et tirer profit du moindre rayon de soleil.